Vie associative
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Les jumelages, moteurs de convivialité
 Les Jumelages, Moteurs de Convivialité Ils sont intarissables sur le sujet et ont mille et une anecdotes à raconter. « A vec le jumelage, ce n’est pas la bouche qui parle, c’est le coeur », lâche Robert Petitpretz, 58 ans et président du comité de jumelage de Saint-Fuscien (Somme ) depuis vingt ans. Son collègue et ami, Raymond Filipiak, à la tête de celui de la ville voisine de Longueau, au sud d’Amiens, acquiesce. La cité s’est mariée avec Karcag, en Hongrie, et va officialiser son union avec Ivaylovgrad, ville bulgare, en septembre. Une façon de renouer avec ses racines pour ce retraité de la SNCF et pour tous les membres du comité dont beaucoup ont émigré dans le Nord avant de venir en Picardie. « Un des objectifs du jumelage est de faire découvrir l’autre, d’aller voir ce qui se passe hors de nos frontières », explique Robert Petitpretz. Le jumenlage entre Saint-Fuscien, 900 habitants, Dury et Sains, deux villages voisins, avec Bessenbach, en Allemagne, est né en 1985. À l ’époque, le jumelage est un moyen de rapprocher deux pays qui se sont fait la guerre. Et si Longueau, 5 200 habitants, a choisi de se lier avec des villes de pays de l’Est, c’est pour développer des relations avec les nouveaux entrants dans l’Union européenne. « Je n’oublie jamais que le jumelage est un moyen de construire l’Europe », confirme Valérie Sourisseau, présidente du comité de jumelage de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) , liée à Porthcawl au pays de Galles. Pour mieux se connaître, tous les moyens sont bons. Visites touristiques des stations thermales polonaises en passant par les grottes d’Aggtelek en Hongrie, dégustations de bières bavaroises et autres spécialités culinaires ou encore rencontres entre associations sportives. Les échanges scolaires sont aussi des temps forts. « Ils sont à la base du jumelage parce qu’en créant des liens entre les enfants les familles se rapprochent et des amitiés naissent, commente le président du comité de jumelage de Saint-Fuscien. Au moment de se quitter, les gamins pleurent des deux côtés, c’est très émouvant. » Quelque 150 enfants allemands ou français partent ainsi chaque année et environ 500 familles sont impliquées. Robert Petitpretz est tombé dans le jumelage parce qu’une institutrice lui a demandé d’héberger un écolier allemand lors d’un échange. « Aujourd’hui, il a 30 ans, un enfant, et nous sommes toujours amis », confie-t-il. Et pas question de parler de barrière de la langue. Geste, chants ou photos, « on trouve toujours un moyen de discuter ! », s’exclame Robert Petitpretz en racontant comment le vice-président du comité communique avec un couple d’amis allemands en espagnol, puisque c’est la seule langue qu’ils parlent tous. « L’organisation des animations permet aux gens du village de se rencontrer. Le jumelage crée aussi du lien social à l’intérieur des communes », observe Valérie Sourisseau. En Amiénois, les jumelages ont contribué à la renaissance d’associations comme le Club des seniors. À Saint-Fuscien, il a fallu rassembler toutes les énergies pour construire un parquet flottant dans un manège pour chevaux , le seul endroit assez grand pour accueillir les 2 000 personnes invitées au 20e anniversaire du jumelage. « Pour que ça marche, il faut une bonne entente entre les élus, les membres du comité et la population », résume Raymond Filipiak. Entre la gestion des cours de langues ou la mise en place de projets, le retraité n’arrête pas. Et il assure avoir encore plein d’idées. La prochaine sur sa liste : développer des partenariats entre le département de la Somme et la Hongrie dans le domaine du tourisme. L’occasion de nouvelles aventures. "La Vie" du 19 mars 2009 texte : Estelle Maussion
4 000 communes jumelées
Le premier jumelage a été signé en 1951 entre Montbéliard (Doubs) et Ludwigsburg, en Allemagne. Aujourd’hui, on estime à environ 4 000 le nombre de communes françaises jumelées avec des villes étrangères. Les deux tiers des communes jumelées ont moins de 5 000 habitants. Les trois premiers pays partenaires sont l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Le jumelage est officialisé par la signature d’une charte entre les maires. L’Association française du conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE ) aide les villes à trouver leur jumelle, donne des formations et subventions. Un site permet même aux villes de trouver leur âme soeur : www.twinning.org
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